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Pour sortir du contrôle de nos illusions émotionnelles afin de pouvoir avancer dans notre vie, il faudrait être capable de lâcher prise.

Mais qu’est-ce que ce fameux lâcher prise dont on parle tant et comment faire ? 

 

En recherchant la définition dans le dictionnaire Wikipédia, cette définition de Melissa Pekel parait être la plus pertinente : 

 » Certaines personnes ont besoin de toujours tout contrôler. Ils n’acceptent pas leurs limites et perçoivent le lâcher prise comme une véritable faiblesse. Lâcher prise ne veut pas dire renoncer. Au contraire, cela signifie progresser, se libérer de poids inutiles et parfois même changer notre façon de percevoir les choses. »— (Melissa Pekel, « Quand le lâcher prises’impose : 5 signes qui ne trompent pas », Retour à l’innocence, 10 juin, 2012).

Deepak Chopra quand à lui nous dit : « Chaque fois que vous êtes tentés de réagir avec les mêmes vieilles habitudes, demandez vous si vous voulez être prisonnier du passé ou un pionnier de l’avenir. Le passé est fermé et limité, l’avenir est ouvert et libère. »

 

 

Beaucoup d’entre nous ont une idée de ce qu’ils sont supposés faire pour obtenir ce qu’ils voudraient. Ils sont en colère parce que les choses ne se sont pas passées de la façon dont ils l’auraient voulu et gardent cette colère à l’intérieur d’eux !

Ils projettent sur les autres ou sur eux même cette colère, en pensant que la vie, ou les autres, auraient dû faire ce qu’ils auraient voulu qu’on fasse pour eux !

Ils sont déçus, voudraient entendre des excuses, des explications, voudraient comprendre pourquoi telle personne a agi de la sorte, ou tel événement s’est produit de cette manière là !

Ils voudraient voir la punition de l’autre, obtenir réparation, se venger, que la personne qui leur a fait du mal souffre. Ils se focalisent uniquement sur ce qu’ils n’ont pas, ce qui est arrivé, et ruminent en boucle l’aspect négatif de la situation.

Tout le reste autour est oublié et délaissé, avec un acharnement méthodique, sur ce qu’ils auraient voulu, mais qu’ils n’ont pas, et n’auront peut-être jamais, quitte à tout détruire !

Parce que les choses ne se sont pas passées, comme ils estiment qu’elles auraient dû se passer en fonction de leur grille de lecture interne !?

 

 

Regardons un peu la réalité à la loupe :

 

1. Quand quelqu’un fait quelque chose, il le fait à partir d’un modèle du monde qui est le sien, à savoir qu’il fait ce qu’il peut faire en fonction de ce qu’il connaît, et qu’il aurait sûrement fait, ou a déjà fait et refera à une autre personne !

2. Ce n’est pas parce que c’est vous, mais parce que, c’est ce que cette personne peut faire et connaît !

3. C’est un comportement qui lui appartient ! Et essayer de trouver des explications rationnelles en fonction de vous, à partir du comportement irrationnel de quelqu’un d’autre, qui réagit selon son propre filtre interne, vous promet de belles nuits d’insomnies !

Rendez aux autres ce qui leur appartient !

 

Les gens font que ce qu’ils peuvent faire et connaissent. Et les actes qu’ils posent ne trouvent une réponse émotionnelle, que si ces actes activent des déclencheurs émotionnels chez les personnes en face.

Par exemple, si quelqu’un nous manque de respect, et que nous l’acceptons, ou si quelqu’un nous manipule et qu’après réalisation de la manipulation nous continuons à accepter d’être manipulé, c’est parce qu’il y a, à l’intérieur de nous un espace qui le permet !

 

 

Les autres ne nous font que ce que nous acceptons qu’ils nous fassent, (je parle ici d’adultes responsables), et si nous n’avons pas à endosser la responsabilité des actes d’une personne qui nous a fait du mal, nous avons en revanche la responsabilité de la réponse que nous allons apporter à ce qui nous a été fait !

Et même si, et heureusement, dans certains cas, il est possible d’obtenir réparation, il est crucial de faire la distinction entre ce qui possible de faire à l’extérieur par rapport à une situation ou un événement dont nous avons été victime (actions, jugements, dédommagements), et l’intériorisation que nous faisons de la souffrance.

 

 

Comprendre et réaliser que garder la souffrance ne change rien pour la personne ou l’événement qui nous ont fait du mal, mais que c’est ce qu’on appelle une « pensée magique », permet de poser les premiers jalons pour en sortir.

Car, si rester bloqué dans la souffrance, est humain, c’est un comportement contreproductif qui empêche d’évoluer et d’avancer, tire en arrière et continue à ne faire souffrir que la seule et même personne qui souffre déjà et continue à s’infliger encore plus de souffrance ! Ce qui revient à devenir, son proprebourreau !

Nombre d’entre nous se disent « mais si je lâche, c’est trop facile, il (elle), ne va pas payer pour ce qu’il (elle) m’a fait » ! Mais depuis quand le fait de ruminer des pensées négatives en boucle fait du mal et fait payer quelqu’un qui nous en a fait ?

 

Accepter de lâcher prise sur le jugement, la projection que nous avions fait de la situation, sur l’illusion de la toute puissance, sur l’impuissance expérimentée et sur l’intolérable blessure narcissique. 

Cela permet d’ouvrir l’espace d’un autre possible, afin d’aller vers notre propre capacité de guérison.

 

Lâcher prise, ce n’est pas laisser les choses aller dans n’importe quel sens, c’est lâcher le contrôle des illusions, lâcher la souffrance, lâcher le désir de vouloir contrôler des choses qui ne nous appartiennent pas. 

Toutes ces choses sur lesquelles nous n’avons aucune prise et que nous ne pourrons de toute façon pas changer !

 

Lâcher prise sur le besoin de montrer et de prouver à quel point nous avons raison, et à quel point la personne qui nous a fait du mal à tord et s’est mal comportée !

 

Lâcher prisec’est se positionner dans l’ici et maintenant, dans un présent que nous pourrons construire et dans lequel, nous pourrons nous donner la capacité de nous ouvrir à plus d’espace disponible. Pour plus d’amour pour soi et pour ceux qui en valent la peine. Car des gens bien existent aussi !

 

Car enfin, Lâcher prise n’est pas un acte que nous faisons pour les autres, mais tout d’abord un acte libérateur que nous posons pour nous-même.

 

Marie-Agnès Thulliez

 

 

 

 

 

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